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Jérémie Beyou, skipper de l’IMOCA 60 Charal

Enfant de la baie de Morlaix, Jérémie Beyou découvre la mer grâce à son père. Depuis plus de 20 ans, il s’est construit l’un des plus beaux palmarès de la course au large.  Marin aguerri et passionné, en solitaire comme en duo, le skipper breton brille par sa ténacité et sa persévérance à porter toujours un peu plus haut la barre de ses exigences.

 

Carte d’identité de Jérémie Beyou

 

  • Né le le 26 juin 1976 dans le Finistère
  • Plus de 20 ans de course au large professionnelle
  • Triple vainqueur de la Solitaire du Figaro
  • Champion de France de course au large en solitaire
  • Skipper Charal de l’équipe Charal Sailing Team depuis 2017
  • A la barre de l’Imoca 60 Charal depuis 2018

 

Un skipper taillé pour des courses extrêmes

 

Comment devient-on l’un des marins les plus titrés de la voile française, avec trois victoires sur la Solitaire du Figaro, une sur la Transat Jacques Vabre et la Volvo Ocean Race, sans oublier des podiums sur les courses majeures que sont le Vendée Globe et la Route du Rhum ?

 

Les prémices d’une passion pour la voile

 

Tous les chemins mènent au succès, celui de Jérémie Beyou est d’abord passé par la baie de Morlaix de son enfance. C’est là, entre cailloux et courants, qu’il a découvert la voile, d’abord en Optimist puis en Moth Europe, aux côtés d’autres futurs illustres marins de la baie, Armel Le Cléac’h et Nicolas Troussel. « C’est tout un environnement qui joue : des gamins qui habitent au bord de l’eau, des parents qui ont une sensibilité voile et naviguent le week-end ou lors des vacances, des rencontres, des guides de vie… »

Parmi ces derniers, Bruno Jourdren, originaire comme Jérémie de Carantec, joue un rôle prépondérant dans sa vocation, en lui faisant découvrir les joies de l’habitable en First Class 8 et en l’incitant à se tourner vers le solitaire. Après plusieurs participations au Tresco ou au Tour du Finistère sur le quarter-toner de son père Alain, mais aussi des premières navigations en Figaro aux côtés des marins du coin, Bruno Jourdren toujours, Jacques Caraës et Hervé de Kergariou, Jérémie se lance à 20 ans sur la Solitaire du Figaro. Sans un sou, avec sa sœur comme préparatrice et son bateau en guise de chambre d’hôtel, mais avec, déjà, une grosse soif d’apprendre : « C’était l’aventure, mais tout de suite, je me suis senti bien sur ce circuit, je me suis dit que c’était ce que je voulais faire. La Solitaire me faisait rêver, je la suivais tous les étés à la radio, elle berçait mes mois d’août. »

 

Des débuts prometteurs

 

Suivront huit participations consécutives et une première victoire en 2005, au terme d’une étape d’anthologie entre Cork et Port Bourgenay remportée devant Michel Desjoyeaux. « Un soulagement énorme » pour un marin qui, de son propre aveu, « n’arrivait pas à conclure. » C’est chose faite avec cette victoire qui lui « enlève un poids considérable » et en appelle deux autres, une plus que parfaite en 2011 avec trois victoires d’étape sur quatre – « Je marche sur l’eau, c’est jubilatoire, ça arrive très peu de fois dans une carrière » -, la suivante en 2014, « une victoire mature » entre deux Vendée Globe.

 

Une passion pour le Vendée Globe

 

Car entre-temps, Jérémie s’est entiché de la course autour du monde en solitaire, le Vendée Globe, avec une première participation en 2008, trop vite interrompue sur casse matérielle (barres de flèches), une seconde en 2012 qui, là encore, tourne court (vérin de quille), et une troisième en 2016 qui voit le Finistérien, privé une bonne partie de la course de fichiers météo et de communication avec l’extérieur, aller au bout de lui-même pour prendre une belle troisième place. « Ce Vendée Globe est un condensé de la vie, avec des émotions très fortes dans un sens comme dans l’autre, tu passes de l’euphorie totale à la détresse extrême. J’ai pensé jeter l’éponge à chaque cap, mais je me disais que je ne pouvais pas abandonner une troisième fois. Et quand je me suis rendu compte que la troisième place me tendait les bras, je me suis accroché coûte que coûte. »

 

Un partenariat avec Charal

 

A son arrivée aux Sables d’Olonne, Jérémie Beyou a deux très bonnes raisons d’afficher un large sourire : il termine sur le podium et sait d’ores et déjà qu’il sera au départ du Vendée Globe 2020 sous les couleurs de Charal. Avec un nouveau 60 pieds dans les cartons, un partenaire engagé et enthousiaste, une équipe étoffée et un objectif clairement affiché : gagner. « C’est le projet, l’équipe, le bateau, le timing, le partenaire dont j’ai toujours rêvé. » L’IMOCA Charal, conçu par le cabinet VPLP avec le concours du bureau d’études du Charal Sailing Team, est ainsi le premier de la nouvelle génération de « foilers » à être mis à l’eau, le 21 août 2018, permettant à Jérémie de disposer du temps nécessaire pour le prendre en main dans un premier temps, pour l’optimiser ensuite.

Dans le même temps, le skipper de Charal, décidé à ne rien laisser au hasard, met un soin particulier à peaufiner préparation physique, mentale et météo. Les résultats sont au rendez-vous puisqu’il se classe 3e de la Transat Jacques Vabre 2019, puis remporte en juillet 2020 la course de préparation au Vendée Globe, la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne. De quoi lui permettre d’aborder son quatrième tour du monde consécutif dans un état d’esprit aussi serein que conquérant.

Le quatrième Vendée Globe de Jérémie peut être qualifié de combatif. Après 48h de course, Jérémie est contraint de rentrer aux Sables d’Olonne pour réparer une avarie survenue suite à un choc avec un ofni. Tenace, motivé et engagé, le skipper de Charal repart en course avec 9 jours de retard. Il remontera la flotte pour finir ce tour du monde à la 13e place.

Après plusieurs mois de chantier, Jérémie retrouve enfin la compétition mais en double cette fois pour la Transat Jacques Vabre avec Christopher Pratt. Le duo se hisse sur le podium à la 3e place après une course âprement disputée.

 

Vivre fort jusqu’en 2026

 

Jérémie Beyou et Charal ont annoncé la prolongation de leur partenariat jusqu’à fin 2026, avec un nouvel IMOCA dans les carton : Charal 2. L’année 2022 sera donc celle de la naissance d’un nouveau bateau, conçu par l’architecte Sam Manuard. Ce nouvel Imoca sera celui de l’audace et de la polyvalence avec une carène spatulée, que Jérémie domptera lors de la Route du Rhum 2022.

 

 

PALMARÈS

2022
2e sur la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne (IMOCA 60 Charal)
2e sur la Guyader Bermudes 1000 Race (IMOCA 60 Charal)

2021
2e sur la Rolex Fasnet Race (IMOCA 60 Charal)
3e de la Transat Jacques Vabre avec Christopher Pratt (IMOCA 60 Charal)

2020
13e du Vendée Globe 2020/2021 (IMOCA 60 Charal)
Vainqueur de Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne en solitaire (IMOCA 60 Charal)

2019
Vainqueur de la Rolex Fastnet Race avec Christopher Pratt (IMOCA 60 Charal)
3ème de la Transat Jacques Vabre avec Christopher Pratt (IMOCA 60 Charal)

2018
Vainqueur de la Volvo Ocean Race à bord de Dongfeng Race Team

2017
3ème du Vendée Globe 2016/2017 après 78 jours 6 heures 38 minutes et 40 secondes

2016
Vainqueur de la Transat New York-Vendée (Les Sables d’Olonne) en juin (IMOCA60 Maître CoQ en solo)

2014
Vainqueur de la Solitaire du Figaro pour la 3ème fois
2ème sur la Route du Rhum – Destination Guadeloupe

2013
2ème de la Rolex Fastnet avec Christopher Pratt (Imoca 60 Maitre Coq)
5ème de la Solitaire du Figaro
3ème de la Transat Jacques Vabre avec avec Christopher Pratt (Imoca 60 Maitre Coq)

2012
Départ du Vendée Globe (Imoca 60 Maitre Coq) – Abandon pour avarie de quille

2011
Vainqueur Transat Jacques Vabre avec Jean-Pierre Dick (Imoca 60 Virbac-Paprec 3)
Vainqueur de la Solitaire du Figaro (BPI)

2009
4ème Transat Jacques Vabre avec Michel Desjoyeaux (Foncia)
2ème Record SNSM avec Michel Desjoyeaux (Imoca 60 Foncia)

2008
Départ du Vendée Globe (Imoca 60 Delta Dore) – Abandon pour démâtage

2005
Vainqueur de la Solitaire du Figaro (Delta Dore)
Champion du monde Orma (Trimaran Banque Populaire)

2004
3ème de la Solitaire du Figaro (Delta Dore)
6ème Transat AG2R avec Kito de Pavant (Delta Dore)

2003
4ème Transat Jacques Vabre avec Vincent Riou (Imoca 60 PRB)

2002
Champion de France de Course au Large en Solitaire (Delta Dore)

2001
4ème de la Solitaire du Figaro (Volkswagen)

1997
Première participation à la Solitaire du Figaro, à l’âge de 20 ans