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05 Juin

Après un chantier XXL et historique, Charal 2 retrouve l’eau!

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Le Charal Sailing Team vient de réaliser un incroyable tour de force : changer intégralement la coque de son IMOCA en l’espace de six mois. En somme, le bateau conserve les qualités qui lui ont permis de remporter la dernière Transat Café L’Or, tout en s’améliorant à certaines allures (portant et vent de travers). Mis à l’eau ce vendredi, il permettra à Jérémie Beyou de se présenter avec une belle ambition à la Route du Rhum. Retour sur les grandes étapes de cette réflexion et d’un chantier aussi titanesque que complexe.

Printemps 2024. Le temps de la réflexion

Alors que Jérémie Beyou débute sa saison 2024 avec le Vendée Globe comme objectif majeur, l’équipe envisage déjà l’après. « Nous avons eu la chance grâce à Charal de pouvoir commencer cette réflexion très tôt, ce qui nous a permis de maîtriser le timing du cycle suivant », apprécie le skipper. Au cœur des échanges, une interrogation demeure : comment continuer à progresser pour rester au meilleur niveau de la classe IMOCA ? « Nous avons vite constaté que la construction d’un nouveau bateau n’était pas l’unique solution et qu’il y avait d’autres voies à explorer d’autant que notre bateau avait beaucoup de qualités ». « On a pris le temps de lister toutes les évolutions et les modifications possibles », précise Nicolas Andrieu, à la tête du bureau d’étude.

Hiver 2024-2025. L’idée d’un consensus

Les échanges entre Jérémie, le bureau d’étude et le cabinet d’architecture de Sam Manuard portent leurs fruits. « Nous voulions conserver les qualités du bateau d’une part et améliorer la navigation à 0° de gite, en limitant la traînée (entre le bateau et la surface de l’eau) », précise Jérémie. « En modifiant la coque, on peut gagner, quand le bateau est à plat, entre 15 et 20% de traînée en moins », ajoute Nicolas. Avec cette transformation, la partie de la coque qui touche l’eau est plus réduite, ce qui permet donc de gagner en performance. À l’issue d’un mois et demi d’étude, quelques jours après l’arrivée du Vendée Globe (4e), le projet est validé par Charal.

Saison 2025. La préparation du chantier

Une nouvelle saison sportive débute pour Jérémie avec la Course des Caps et la Rolex Fastnet Race durant l’été. En parallèle, l’équipe s’active en coulisse en faisant appel au chantier Gepeto Composite. Leur mission ? Façonner les moules de la coque et préparer les morceaux de coque. Une étape essentielle du chantier qui a mobilisé « 100% des salariés de Gepeto Composite se sont mobilisés sur cette phase-clé », se réjouit Jérémie.

Décembre 2025. L’impressionnant découpage de la coque

À l’issue de sa victoire à la Transat Café L’Or avec Morgan Lagravière, Jérémie Beyou ramène le bateau à Lorient. C’est là qu’a eu lieu la phase la plus impressionnante du processus : la découpe du monocoque. « Forcément, c’est très visuel et très impressionnant de voir son bateau coupé en deux », sourit le marin. « Ça a été rapide, seulement quelques jours, précise Nicolas Andrieu. Mais à ce moment-là, on savait qu’il n’y aurait plus de retour en arrière possible ».

Chantier Charal 2026 – découpe de l’étrave, premier jour du chantier chez Gepeto Composite

De janvier à juin. Un chantier XXL

Ensuite, place à la reconstruction. Et là, la tâche est immense. « Il a fallu associer la carène, réadapter toute la structure existante et modifier les cloisons, un travail particulièrement long et engageant », décrypte Jérémie Beyou. Une fois que la structure interne a été adaptée à cette nouvelle géométrie, les techniciens se sont affairés sur les éléments de structure à l’instar des puits de foils. Ils se sont ensuite attachés à remettre tous les systèmes, modifier les ballasts avant d’entamer un travail de plusieurs semaines pour peaufiner la décoration du bateau.

Vendredi 5 juin. Enfin l’heure de la mise à l’eau

Ce vendredi, ce Charal 2 nouvelle version retrouve la mer. Pour l’équipe du Charal Sailing Team et tous les acteurs du chantier, c’est un réel motif de satisfaction. « Vu l’ampleur et la longueur du chantier mais aussi les conditions de travail dans la poussière, le bruit, le tout dans un espace confiné, c’est un sacré tour de force et une grande fierté », assure Nicolas Andrieu. Pour Jérémie Beyou, ce travail sera à coup sûr bénéfique : « J’ai confiance sur les performances du bateau, on va gagner au portant, au reaching et au petit reaching tout en conservant les acquis du passé ». Pour le skipper, ce chantier est « une opportunité énorme de faire franchir un nouveau palier au bateau » et de continuer à jouer les premiers rôles.

Tout l’été.  La montée en puissance

Désormais, Jérémie n’a qu’une hâte : « j’ai envie de prendre le large et de tirer des bords ! » Les foils seront assemblés dans les prochains jours avant de débuter les navigations. Jérémie effectuera en juillet sa qualification pour la Route du Rhum, soit 1200 milles en solitaire au cours du mois de juillet. « Même si le chantier a été conséquent, nous n’avons pas touché aux systèmes de quille, des foils, des safrans ou encore au cockpit, rappelle Nicolas Andrieu. La phase de montée en puissance sera donc beaucoup plus rapide que pour un bateau neuf ! » « On a les qualités d’un bateau neuf sans les potentiels défauts », abonde Jérémie avec le sourire.

De septembre à novembre. La route vers le Rhum

Après quelques jours de repos en août, les navigations reprendront. Jérémie participera à un stage avec le Pôle de Port-La-Forêt puis sera présent au Défi Azimut, du 15 au 20 septembre prochain. Ce sera déjà l’heure des derniers préparatifs avant le convoyage vers Saint-Malo d’où s’élancera la Route du Rhum le dimanche 1er novembre. « Ce n’est pas évident de voir les autres naviguer depuis le début de saison et d’attendre à terre, confie Jérémie. Mais l’implication de l’équipe est une grande source de motivation ». Et le skipper Charal de conclure : « On sera au rendez-vous de la Route du Rhum pour tout donner ! »